L’association « artisanatura – Art de l’écologie appliquée » vise :

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La réunion de savoir-faire clés en agroécologie et permaculture

L'association est une communauté d’ agriculteurs expérimentés en agroécologie et permaculture pour partager leurs savoir-faire : au-delà des techniques, les savoir-faire, les « coups de main », quelques détails essentiels de mise en œuvre qui vont assurer la réussite d’un projet et faire la différence.
C’est cette expertise clé que l’on cherche à transmettre en lien avec les techniques en agroécologie et permaculture.
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La promotion du développement et de la transmission des savoir-faire aux jeunes

 Se joignent à cette communauté d’expériences, d’autres agriculteurs auxquels cette expérience est transmise, en particulier de jeunes agriculteurs qui vont assurer le futur de la profession.

La stimulation de la créativité - think tank de réflexion sur les enjeux majeurs de l’agroécologie et permaculture

L’association cherche à promouvoir la créativité et le développement des fermes de chacun de ses membres en les encourageant à développer un projet agricole équilibré et économiquement viable.
Elle est un think tank de réflexion sur les enjeux majeurs de l’agroécologie et permaculture pour réaliser des fermes exemplaires tant sur le plan du projet agricole que du succès économique.

La transmission est assurée en priorité :

Pour les projets d’optimalisation des fermes des membres agriculteurs de l’association

Des fermes modèles sont développées parmi les membres pour former de jeunes agriculteurs et favoriser leurs talents ainsi que le lancement de leurs propres projets

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Pour les projets de culture agroécologique et permaculture de monastères pour faciliter la remise en culture de leur terre par de jeunes agriculteurs

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Pour la formation aux jeunes agriculteurs en agroécologie et permaculture, ainsi que pour leur permettre de se lancer dans leur projet avec confiance et l’assurance de l’appui de l’expérience de leurs aînés

Réponse de Fabrice Hadjadj à la question des initiateurs du projet artisanatura sur le lien entre la perte du sens du réel et l'industrialisation de l'agriculture :

L’agriculture est la matrice de tous les arts, la destruction de l’agriculture  a comme conséquence la perte du sens du réel dans la société et dans la vie de l’homme — L’homme est actuellement diminué (de la nature, de son coprs, de l’art véritable de l’agriculture), cela permet l'émergence de grands déséquilibres. 

L’humanité a toujours été un monde essentiellement agricole…

Mais aujourd’hui, on a créé des conditions de vie qui nous interdisent cette manière de vivre, ou plutôt qui nous offrent cela, mais à la télévision seulement, de manière virtuelle…

Hors le lieu propre de l’exercice de l’humanité, ce n’est pas la plus haute rationalité, c’est une rationalité qui investit le corps et qui rentre en résonance avec la nature !

Ce qui se joue dans les arts est très important…dans la musique, vous faites corps avec votre violon, sans compter que le bois, la bonne facture du violon vous mettent en résonance avec le réel, avec l’univers.

Mais c’est le cas avant tout de l’art de l’agriculture, qui est la matrice de tous les arts, le mode de pensée de tous les arts. Ce n’est pas l’ingénierie qui la mère, le sommet de tous les arts. Par ce que dans l’agriculture ce qui se passe, c’est que l’on n’est pas en train de fabriquer des choses, de telle sorte que la nature ne nous fournit que des matériaux, de l’énergie, des éléments, des briques que l’on peut recomposer… c’est que l’on accompagne un dynamisme naturel !

C’est fini, vous n’avez plus de rapport avec la nature, l’agriculteur est obligé d’employer des pesticides, des produits chimiques, il faut que cela devienne une fabrique, une usine, un laboratoire.

Et donc le modèle est celui de l’ingénierie et non pas de l’agriculture. Quand l’ingénierie se déploie à partir du modèle d’agriculture et que tous les arts suivent ce mouvement, c’est-à-dire fondamentalement, accompagner ce qui est donné, accompagner une transcendance, tout est bon… !

Même, la patience qu’implique l’acquisition du savoir-faire nous est retirée : de sorte que nous nous trouvons de plus en plus dans une économie pulsionnelle. Plus la technologie se développe, plus elle cultive en nous le mode pulsionnel, car la machine nous donne des produits dans une pseudo-immédiateté.

Derrière le dispositif technologique qui produit le confort, nous devenons de plus en plus impatients et se cultive une forme de sauvagerie latente. La conséquence est que quand les rouages qui nous maintiennent dans ce système se bloquent, cette sauvagerie peut exploser à tout moment.

L’innovation c’est l’obsolescence, une économie de l’innovation permanente, c’est une économie du déchet.

Dans une vie, ce qui a été de l’ordre de la plus haute nouveauté, ce sont des événements qui sont de l’ordre du renouvellement.

Tout l’ordre de la culture, tout l’ordre de la nature, tout l’ordre de la grâce, ces trois ordres-là sont sur le modèle du renouvellement, qui n’est pas la substitution sur le même plan, mais un changement d’ordre, où tout est assumé et se développe de manière plus élevée.

Et cela vient de ce que l’argent est le premier dispositif technologique. Le Christ dit « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres ! » Cela ne nous vient pas à l’idée de devenir l’esclave d’un instrument, l’esclave de son crayon ? Et là pour l’argent, on a un instrument dont le Christ nous dit qu’il n’est pas exactement un instrument. Le Christ signifie que certains instruments dont la technologie, ont en eux-mêmes une tendance forte et que par conséquent, on ne peut pas en faire un bon usage simplement… (ce que Heidegger va essayer de développer conceptuellement) par ce que ces objets transforment notre manière de voir le monde : on croit qu’il faut en faire bon usage, mais la question du bon usage se pose à l’intérieur de la configuration du monde amenée par ces objets eux-mêmes…

C’est pour cela qu’est nécessaire un combat radical pour changer nos modes de vie.

Retrouver le sens de la terre, retrouver le sens du corps, retrouver la patience et cela de manière virile de telle sorte que l’on aie des choses auxquelles on tient et que l’on a envie de défendre. Et cela n’est possible que si nous reconnaissons d’abord le don initial de notre corps, le don initial de la nature, même si elle est blessée, de telle sorte que notre art, notre ingénierie, notre ingéniosité, ne soit pas là pour fabriquer tout à partir de rien, mais pour accompagner un donné initial dans son développement pour mener une vie vraiment humaine.

Pour y arriver, il faut d’une certaine façon croire à ce don, il faut croire qu’il y a une providence derrière cela !

Accédez à la transcription complète de la présentation de Fabrice Hadjadj :

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